Trois conseils pour créer un quiz de connaissance de qualité

Retour à la liste Analyses

Les stagiaires ont-ils acquis les savoirs que la formation devait leur transmettre ? Cette question, parfois négligée, constitue pourtant un approfondissement intéressant de l’évaluation de formation : les plus avertis auront d’ailleurs reconnu le niveau 2 de Kirkpatrick, le niveau des « apprentissages ».
Les tests de connaissance (ou quiz), lorsqu’ils sont dispensés après la formation, permettent d’évaluer ce niveau 2 et de s’assurer que les formés ont bien acquis les connaissances nécessaires. Une difficulté reste toutefois entière : comment concevoir un quiz de qualité ? Si la tentation est grande de construire à la hâte une série de « vrai / faux » calés sur les enseignements clés de la formation, il est fort à parier que les résultats seront aussi inutiles pour vous… que peu enrichissants pour les participants. Voici donc trois conseils qui vous permettront de construire des quiz pertinents et utiles !

Créez des niveaux de difficulté

Que dire d’un quiz où tous les répondants obtiennent près de 100% de bonnes réponses ? Probablement que le quiz était trop facile…De même qu’un test trop difficile ne vous apprendra rien sur ce que les participants ont réellement appris. Pour éviter ces écueils, créez trois niveaux de difficultés :

  • Les questions simples, portant sur les fondamentaux de la formation
  • Les questions de difficulté moyenne, portant sur le cœur des enseignements
  • Les questions complexes, portant sur les cas plus particuliers ou subtils

En procédant ainsi,vous vous assurez que le test soit un minimum « sensible », c’est-à-dire qu’il sera capable de distinguer les cas où l’acquisition des connaissances est effective, de ceux où elle est insuffisante. Ainsi, l’évaluation a plus de chance d’être significative et opérationnelle.
Attention toutefois de ne pas tomber dans l’excès : les questions les plus difficiles ne devront jamais être « tirées par les cheveux », l’objectif n’étant pas de piéger le participant !

Mettez les stagiaires en situation

Trop souvent, le test de connaissance s’assure que le stagiaire a retenu les messages clés de la formation, mais il ne mesure pas pour autant sa capacité à exploiter ces messages en situation réelle.
Pour mieux comprendre, voici un exemple de questions que l’on pourrait trouver dans un test de connaissance qui suivrait une formation sur les méthodes d’évaluation :

 

Dans quel cas est-il inutile de mener une évaluation à froid ?

  1. Lorsque la formation est réalisée pour la première fois
  2. Lorsque l’évaluation à chaud a donné de bons résultats
  3. Lorsque les formés n’ont pas l’occasion de mettre en pratique ce qu’ils ont appris
  4. Lorsqu’il s’agit d’une formation en management

 

Ici, la bonne réponse est la troisième, mais le stagiaire peut le deviner sans trop de difficulté après un examen critique de chaque proposition. Est-il pour autant en mesure de réutiliser cette information dans un contexte professionnel ? Pour le savoir, mieux vaut tourner la question sous forme de scénario, qui va mesurer les savoir-faire plutôt que les seuls savoirs :

 

Vous mettez en place pour la première fois une formation de sauveteur secouriste au travail, à laquelle une dizaine de salariés participeront. Quel dispositif d’évaluation vous paraît le plus adapté ?

  1. Aucune évaluation
  2. Une évaluation à chaud seule
  3. Une évaluation à chaud, puis à froid auprès du stagiaire
  4. Une évaluation à chaud, puis à froid auprès du stagiaire et du manager

 

Sous cette forme, le quiz attend du participant qu’il mobilise lui-même ses connaissances, à savoir qu’une formation dont les acquis ne peuvent être que rarement mis en pratique ne justifie pas d’évaluation à froid. En mettant le stagiaire en situation, ce quiz présente donc l’avantage :

  • De ne proposer aucune réponse « évidente »
  • De mesurer ce qui est vraiment utile : les savoir-faire plutôt que les seuls savoirs
  • D’inciter le stagiaire à mettre en pratique ses acquis

 

Privilégiez les questions avec plusieurs réponses possibles

Il existe principalement deux formats pour les questions du type « QCM » : celles où le répondant doit trouver la seule bonne réponse parmi les propositions, et celles où il doit cocher toutes les propositions qu’il pense être justes… Si vous avez le choix, privilégiez clairement ce dernier type de QCM. Ce simple conseil peut augmenter considérablement la qualité de votre quiz, et ce pour deux raisons : imaginons une question avec quatre propositions de réponses…

  •  Si une seule réponse est permise, le stagiaire fera au plus une erreur. Sinon, il pourra en faire une, deux, trois… voire quatre, indiquant à quel point il a correctement assimilé ou non la connaissance : vous obtenez quatre fois plus d’information !
  • Avec plusieurs réponses possibles, il n’est plus permis au répondant de procéder par élimination. Vous l’incitez donc à se positionner sur les quatre propositions, évitant ainsi qu’il ne « flaire » la bonne réponse par défaut. Et avouons-le, l’exercice est autrement plus stimulant sous cette forme pour le stagiaire !

Il existe bien sûr de nombreuses autres bonnes pratiques pour créer des quiz de qualité (varier le format du questionnement, créer de l’interactivité, apporter du feedback avec la correction…). Néanmoins, sous la contrainte du temps, il est rarement possible de concevoir des tests beaucoup plus sophistiqués… c’est pourquoi nous recommandons de retenir ces conseils fondamentaux, qui vous assureront des tests fiables et opérationnels : créez des niveaux de difficultés, mettez les stagiaires en situation et privilégiez les questions avec plusieurs réponses possibles. Des recommandations que vous pouvez appliquer en utilisant notre plateforme de création de questionnaires forMetris !

 

Par Andrew Maho

Andrew Maho est diplômé de l’ENSAI (Ecole Nationale de la Statistique et de l’Analyse de l’Information). Il est également titulaire d’un Mastère Spécialisé en Marketing de l’ESCP Europe.
Précédemment, Andrew Maho a exercé ses responsabilités en tant que Directeur Scientifique chez TNS Sofres et en tant que Directeur des Analyses chez Emnos (Cabinet de conseil spécialisé dans la connaissance client).
Il a également conçu et animé de nombreuses formations dans le monde professionnel des études marketing ainsi qu’à Sciences Po Paris