ROI ou ROE ? Deux manières d’évaluer la rentabilité de la formation

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A droite, le ROI de la formation (« Return On Investment » ou Retour sur Investissement). Popularisé par Jack Phillips dans les années 90, ce ratio financier répondrait à la question « en a-t-on pour notre argent ? ».
A gauche, le ROE de la formation (« Return On Expectations » ou Retour sur les Attentes). Porté, en réaction au ROI, par Wendy et James Kirkpatrick (fils du célèbre Donald Kirkpatrick), cet indicateur serait l’aboutissement de la démonstration de valeur de la formation.
Tous deux ont un objectif commun : rendre des comptes au commanditaire de la formation.  Mais lequel choisir ? Prenez place et assistez au match…

Two businessmen having a fight with boxing gloves

Le ROI pour gagner l’attention des financiers

Les changements induits par la formation doivent avoir des retombées financières, sinon elle n’a pas lieu d’être.  C’est en tout cas ainsi que raisonnent certains commanditaires (sponsors, direction générale, direction financière…) et le ROI est une réponse à ce raisonnement : « pour un euro investi dans la formation, nous en gagnons X ».

Impossible à calculer, dites-vous ? Pourtant, des méthodes existent (Phillips, analyse de l’utilité…) et sont appliquées avec succès. Aussi le ROI est un outil précieux pour se faire entendre : quoi de plus efficace qu’utiliser le langage et les outils de son interlocuteur pour démontrer la valeur de son action ?

Le ROE pour un partenariat avec les commanditaires

Alors, que reproche-t-on au ROI ? Outre la complexité de son calcul, cet indicateur est parfois perçu comme émanant d’une vision défensive et limitée de la fonction formation. Au lieu d’associer le commanditaire à un projet commun pour changer et améliorer l’entreprise, elle cantonnerait la formation à un centre devant justifier ses profits.

Les tenants du ROE sont de cet avis et proposent de définir avec le commanditaire, en amont de la conception d’un programme, les résultats opérationnels mesurables attendus de la formation (d’où le terme « retour sur les attentes »). La démarche est collaborative et parfois moins lourde à mettre en place.

Un choix au cas par cas

Alors, comment conclure ce débat qui a déjà fait couler beaucoup d’encre ? Certains ont choisi leur camp (Le ROI ? Jamais !), d’autres choisissent les deux… Chez forMetris, nous pensons humblement que le cas par cas est de mise. Aussi, nous conseillons de prendre en compte  les circonstances spécifiques du projet : sa nature, sa visibilité, les éléments d’évaluation déjà en place, le type et la variété des interlocuteurs…

Ne négligez pas non plus la culture de l’entreprise. En effet, faut-il s’évertuer à instaurer un impossible ROE si la culture du chiffre et de la rentabilité prédomine au comité exécutif ? A quoi servira le ROI si la formation est déjà perçue comme le bras armé de la stratégie d’entreprise ? Choisir le bon indicateur passera donc par une bonne compréhension du contexte dans lequel s’insère cette évaluation de la rentabilité.

 

Quoi qu’il en soit, ROE ou ROI, une chose est sure : nous pensons que si la formation n’est pas un centre de profit, elle mérite cependant d’être gérée avec le même niveau de rigueur… et c’est bien à cela que ces indicateurs peuvent aider.

 

Par Andrew Maho

Andrew Maho est diplômé de l’ENSAI (Ecole Nationale de la Statistique et de l’Analyse de l’Information). Il est également titulaire d’un Mastère Spécialisé en Marketing de l’ESCP Europe.
Précédemment, Andrew Maho a exercé ses responsabilités en tant que Directeur Scientifique chez TNS Sofres et en tant que Directeur des Analyses chez Emnos (Cabinet de conseil spécialisé dans la connaissance client).
Il a également conçu et animé de nombreuses formations dans le monde professionnel des études marketing ainsi qu’à Sciences Po Paris